Club Privé

Club Privé

Synopsis

Un jeune homme s’assoit face à un homme plus âgé dans une cuisine. Ce qui sera le début d’un monologue sur la réussite, la vie et surtout la mort.

Christian Souchon dans le rôle de Louis Martel

Le Film

Notes d’intentions

Il est important d’avoir vu le film avant de lire ces notes d’intentions.

Écrivain Chef Opérateur Réalisateur

Adrien Bernard-Brunnel dans le rôle du jeune garçon.

J’avais, depuis un certain temps, l’idée en tête d’écrire une nouvelle dont j’écrirais les quelques pages en une journée, une histoire où le lecteur ne serait donc pas noyé dans les détails, mais qui le ferait quand même voyager. C’est pourquoi j’ai choisi cette situation dans laquelle le personnage principal raconte l’origine funeste de sa fortune.

Pour ce qui est des influences, un homme et une femme :

Stephen King, pour l’art de jouer avec une vie dans son plus simple appareil, confrontée au fantastique et à l’épouvante

Agatha Christie pour la science de l’énigme, du huis clos et de l’humour British.

Nous nous sommes inspirés des ambiances colorées et contrastés des films de Dario Argento, principalement Inferno et Suspiria.
La différence est que dans les films du réalisateur italien, le décor est lié à la lumière, plusieurs éléments sont colorés avec un teint bien précis pour pouvoir les illuminer au mieux.

Dans le cas de club privé, faute de budget, j’ai voulu en suivre le principe, celui d’avoir une présence constante du rouge et du bleu, deux couleurs que j’ai utilisé pour distinguer les deux personnages.
Le rouge pour Louis Martel, car il est dans son territoire et donc dans une position de contrôle, et le bleu pour le jeune garçon, qui se trouve dans un lieu à lui étranger.
Lorsque ce dernier décide de passer à l’acte, de prendre la succession de Louis Martel dans le club, la caméra suit son ombre puis le personnage qui passe alors du bleu au rouge dans un plan qui est mon préféré.

A’ la fin, ces lumières colorées disparaissent pour laisser une ambiance beaucoup plus sombre et réaliste.

Avant même que vous commenciez à lire les notes d’intentions, j’aimerais m’exprimer sur le pourquoi de leur existence ici. Tout d’abord, je sais que plus les notes d’intentions sont longues, plus elles ont tendance à être considérées comme prétentieuses par un certain nombre de personnes. Aussi, ces personnes restent libres de le penser, ce n’est pas à moi de juger le jugement d’autrui sur ma personne.

Si ces notes d’intentions sont si longues pour un court-métrage de dix minutes, c’est parce que je prends mon temps à réfléchir au moindre élément qui compose mes films. Aussi, cela ne veut en aucun cas dire que le film est bon ou mauvais. Des notes d’intentions, comme leur nom l’indique, ne sont que des intentions, et c’est à vous, spectateur de décider si je les ai retranscrites correctement ou non. Pas à moi. Celles-ci ne sont, au pire, que des intentions, au mieux, que des pistes de lectures.

L’adaptation
Pourquoi une adaptation ? Tout d’abord, parce que j’ai du mal à écrire pour un format court. C’est pourquoi j’avais pensé ne plus jamais faire de court-métrage classique et plutôt me pencher vers des courts de type série avec un « à suivre » à la fin, ou vers ce qui s’approcherait plus ou moins de longs-métrages. Puis, j’ai reçu une proposition de Frédéric Mingas d’adapter une de ses nouvelles. Je me suis alors dit que ce serait une bonne idée et surtout une bonne façon de ne pas perdre la main. Seulement, il fallait encore qu’une de ses nouvelles me plaise et qu’elle me paraisse adaptable. Par chance, Frédéric Mingas écrit dans un genre que j’apprécie beaucoup, à savoir le fantastique et l’épouvante, et son style est assez proche de celui d’un de mes écrivains préférés, à savoir Stephen King. Mais c’est réellement quand j’ai lu « Club Privé » que j’ai été le plus attiré. Peut-être parce que le rapport à l’œuvre de Stephen King se mêlait pour moi à celui d’un autre de mes écrivains préférés, à savoir Chuck Palahniuk et notamment son célèbre roman « Fight Club ». Je n’ai d’ailleurs pas demandé à Frédéric si c’était fait exprès ou non, toujours est-il que c’est comme cela que mon imaginaire fut séduit. Et à partir de là, je me suis demandé quelle pouvait-être ce fameux « Club Privé » et je me suis mis à imaginer pas mal de choses lui procurant une certaine mythologie pour laquelle Frédéric avait laissé une porte grande ouverte. Seulement, il était hors de question pour moi de transposer cette nouvelle à l’écran, mais bel et bien de l’adapter. C’est-à-dire que l’univers de Frédéric devienne le mien sans pour autant qu’il soit trahi. Maintenant, c’est à lui de juger si mon traitement est intéressant ou non.

La relation au cinéma populaire italien
Ça fait des années que je suis obsédé par un sketch de « Les Trois Visages de la peur » de Mario Bava intitulé « La Goutte d’eau », et pour moi, ce court-métrage allait me permettre de payer mon tribu à ce film, ou du moins à l’idée que je m’en suis fait au fil du temps. Le scénario partant vers une violence purement graphique, j’ai alors pensé qu’il serait pas mal de faire un film qui serait un hommage à ce que je considère comme un certain âge d’or du cinéma populaire italien, et notamment à ce grand maître qu’est Dario Argento. Et la structure même du film me permettait de faire cela puisqu’il y a deux moments très différents dans la conversation entre les deux personnages, et que le moment où celle-ci devient violente serait celui où la lumière changerait également. C’est-à-dire que nous passons du fantastique au réel, du mental au concret. C’est pourquoi la première de ces deux parties nous renvoit au cinéma d’Argento de la période Suspiria / Inferno avec des couleurs volontairement exagérées et complètement surréalistes qui éclairent à la fois les personnages mais également les objets importants, laissant tout le reste dans l’ombre. Puis vient le coup de couteau, on utilise alors alors une transition qui est amenée par la porte qui se ferme amenant avec elle l’extinction de cette lumière « fantastique ». Et à partir de là, nous sommes clairement dans un univers réaliste, soit plus vers « Ténèbres » toujours de Dario Argento. Au sujet de l’utilisation des couleurs dans la partie dite fantastique, on a essayé avec Mathieu Gasquet, le directeur photo, d’avoir deux environnements, un rouge et un bleu, soit un environnement par personnage et c’est lorsque l’un de ses deux personnages s’approche de l’autre que la lumière commence à se détraquer jusqu’à ce que toute cette lumière disparaisse lorsqu’il est totalement de l’autre côté.

L’amour et la mort
Moi, je vois ce film, non pas uniquement comme une adaptation, mais également comme une suite directe du précédent, à savoir « 2005 ou l’ironie de la vie », ce que j’ai souhaité marqué par la photo déposée sur la table de chevet de Zelda-Rosset Colon, une actrice qui était déjà la cause des tourments du personnage principal de « 2005 » et qui l’est toujours ici, donc. Mais surtout, si j’aime voir ce film comme une suite, c’est parce qu’il me semble que l’on ait dans la phase suivante d’une rupture amoureuse, à savoir le repli sur soi et surtout la souffrance, ici symbolisée par l’agonie du personnage qui mène à sa mort, terminant ainsi le lien entre Eros et Thanatos. Parce que dans un sens, je pense que oui, c’est comme ça, une véritable rupture, un divorce, quelque chose qui vous fait vraiment mal, vous avez l’impression de souffrir également physiquement et après, notre vie change, on n’est plus le même. D’où la mort du personnage, parce que d’une certaine façon, celui qui ressortira de cette rupture ne sera plus le même homme, ce sera quelqu’un d’autre. Ce qui ne signifie pas pour autant que mon prochain court-métrage sera un film de zombie (quoi que…).
Après, il est certain que ce court-métrage a une valeur autobiographique sur certains points que je ne dévoilerais pas forcément. Mais je pense que de toute façon, quand on fait des films, on y injecte automatiquement une part de soi, sinon je ne vois pas l’intérêt d’en faire. Pour moi, faire des films, c’est une manière de faire sa propre psychanalyse. On a des problèmes, on souffre, alors on va expulser ça dans sa création, et c’est en quelque sorte ce qui va nous faire avancer. Après, je ne dis pas que c’est une vérité absolue, toujours est-il que c’est comme ça que je le vois.
J’aimerais revenir sur un point, ce n’est pas forcément une note d’intention, mais c’est un point à préciser, donc autant le faire. Le personnage de Louis Martel, soit le plus âgé des deux, tient certains propos à caractère que l’on peut considérer comme mysogine, par exemple. Il me semble important de signaler qu’il s’agit d’un personnage de fiction, et que ces propos ne reflètent pas ce que moi, je pense. Ce que dit un personnage, surtout lorsqu’il est, comme ici, le « méchant de l’histoire » n’est pas forcément ce que pense le réalisateur. Et s’il tient de tels propos, ce n’est pas parce qu’il est lui-même mysogine d’ailleurs, mais bien parce qu’il teste celui qui est en face de lui. Il cherche à voir si par ces mots, il réussira à le détruire psychologiquement, avant finalement de le détruire physiquement.

Le réveil
Tout d’abord, tout provient d’un rêve que mon père a fait et qu’il m’a ensuite raconté. C’est pourquoi je l’ai mentionné au nom de co-scénariste, bien qu’il n’ait pas physiquement participé à l’écriture du scénario. Ce rêve, c’est exactement le début et la fin du film que vous avez vus, à savoir tout ce qui concerne le réveil. Evidemment, j’ai trouvé le concept très intéressant puisque cela signifie que, croyant régler simplement son réveil de manière tout à fait normal, notre héros programme en réalité sa propre mort. Et puis, ça fait un peu Del Toro, le fait finalement de créer une relation entre le mécanisme de l’horloge et celui du corps humain. En fait, c’est comme si, le réveil illustrait l’histoire, j’aime beaucoup. Suite à cette idée du réveil, tout le film en devient rythmé par le temps qui passe, le tic-tac du réveil devient celui de la pendule qui se confond avec le plic-ploc du robinet pour redevenir le tic-tac du réveil. J’aime considérer cela comme un compte à rebours vers la mort, en quelque sorte.
Pour les plus attentifs, l’heure qui est affichée au début sur le réveil est 20h05, ce qui est une autocitation, par rapport à mon court-métrage précédent. Dernier détail concernant le réveil, la première fois que j’ai raconté l’histoire à une amie, elle m’a dit que l’on pouvait ainsi croire que tout ceci n’était finalement qu’un rêve. Suite à cette idée, j’ai donc laissé la porte entrouverte pour cette interprétation, même si un détail dans le film devrait vous montrer quelle est ma préférence entre ses deux versions de l’histoire.

Autres choix de réalisation
Alors, s’il y a bien un choix de réalisation que l’on va forcément me reprocher, et que pourtant, j’ai décidé de garder impérativement, c’est bien le travelling arrière du début où l’on voit le jeune à l’intérieur de l’œil de Louis Martel. Maintenant, je peux effectivement comprendre que le concept même ne plaise pas où que l’esthétique du plan puisse poser problème mais je cautionne ce plan à 200 %. Car pour moi, ce plan a une signification symbolique importante, il signifie avant même que le dialogue commence que le jeune est prisonnier de l’univers de Louis Martel, et je n’ai pas trouvé de meilleure façon que celle-ci pour l’exprimer.
Cela n’échappera à personne que le film est monté en champ contre-champ, je suppose. En revanche, ce qui vous échappera peut-être est que j’ai tenu à ce que chaque plan du champ ait la même durée que celui du contre-champ. Ce qui fut très difficile au montage puisqu’il me fallait imposer un rythme et chercher à créer une tension tout en sachant que mes durées de plans fonctionnaient par deux. Par ce biais, je voulais justement réaliser un film dont toute la tension naîtrait du montage et de la durée des plans, plus que des choix des cadres, du moins dans la partie en question, puisqu’ensuite, tout est chamboulé, et le chaos de la mise en scène, volontairement à l’épaule, se retrouve également dans le montage qui, cette fois-ci est entièrement soumis au cadre et n’a plus ce « soucis » de durée. Maintenant, lorsque je vois le film, je pense que ces choix étaient les bons, mais c’est aussi à vous d’en juger et peut-être que certains penseront que l’idée était mauvaise finalement.

Images du Tournage

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11 December 2017

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Crédits

  • Un film de Jonathan Placide
  • Avec : Adrien Bernard-Brunnel, Christian Souchon, Zelda Rosset-Colon
  • Adaptation et dialogues : Jonathan Placide et Marc Placide (d'après la nouvelle de Frédéric Mingas)
  • Musiques : Charlène Martelli
  • Montage : Jonathan Placide
  • Directeur de la Photographie : Mathieu Gasquet
  • Son : Sydney Rabiarisoa
  • Assistant Réalisateur : David Gendreau
  • Maquillages : Lucile Dennery, Marie Souchon

Images du film

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