Jonathan Placide
Pourquoi un film de Combat ?
J’ai toujours été fan de cinéma asiatique, et notamment de films d’arts martiaux ainsi que de wu xia pian. A force de voir les films de Chang Cheh, Li-Chiah Liang, Chu Yuan, Yuen Woo Ping ou même Tsui Hark, Wilson Yip et Tony Jaa, il y a un moment où ça m’a vraiment démangé d’en réaliser un. Bien sûr, on est en France, donc impossible de rivaliser avec les chinois, les japonais ou les coréens, c’’est pourquoi on s’est basé sur un style bien plus réaliste, avec le kung-fu d’un côté et le free fight de l’autre.
Par rapport à la violence dans les films ?
Un débat sans fin et inutile. C’est un film de combat. Si on a peur de voir des gens se battre, autant ne pas le regarder. Lui reprocher d’être violent, c’est comme de reprocher à une comédie musicale ses numéros de danse, c’est sans intérêt.
Par rapport à l’environnement ?
On a deux styles qui s’opposent ici, le kung fu et le free fight, il était donc normal qu’au sein du décor, on est deux environnements distincts. Le personnage de Marc symbolise la civilisation, il est dans un décor tagué, celui de Karim, c’est le retour à l’état sauvage, dans un environnement naturel, donc.
A LIRE UNIQUEMENT APRES AVOIR VU LE FILM
Par rapport à la signification du film ?
On a deux personnages qui s’affrontent. Karim, à qui Marc a volé la fiancée. Et si Marc est bel et bien normalement plus fort que Karim, celui-ci n’a pas la rage de vaincre. Comme dit Chuck Palahniuk « c’est lorsqu’on a tout perdu que l’on est libre de faire ce que l’on veut » et Karim ici va au bout, il n’a plus rien à perdre. Il trouve au sein de lui, la force de se battre. Il y a une phrase de Sylvester Stallone que j’aime beaucoup dans Rocky Balboa : "Le plus important n'est pas comment tu frappes, c'est comment tu peux encaisser les coups et rester debout". Pour moi, le film n’est autre que l’accomplissement de cette phrase. Karim arrive dans le film de la droite vers la gauche, il affronte donc son passé, symbolisé par Marc. Il le bat, et repart dans l’autre sens, vers la droite, il peut donc avancer, aller vers l’avenir. Sans cette signification, je n’aurais certainement pas fait ce film.
Par rapport à la manière de filmer ?
Il y a deux moments différents dans la mise en scène. Il y a la première partie, où on adopte le style de Marc, posé, des mouvements de machineries, une caméra sur pied. Puis, il y a la deuxième partie, où pour adopter le style brutal de Karim, on a recours à la caméra épaule. C’est le règne du chaos.
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David Gendreau
J’ai voulu avant tout mettre en scène un combat, plus que de véritablement raconter une histoire.Mon envie première était de voir comment préparer un découpage à partir d'une chorégraphie que nous avons vu évoluer, et sur laquelle nous avons donné notre avis. Puis d'observer toutes les difficultés de mettre en scène quelque chose de constamment en mouvement, de s'attarder sur tel geste ou pas, que cela paraisse à la fois crédible, dynamique et lisible, tout en faisant évoluer le combat. Nous avons volontairement opté pour une intrigue simple, qui n'envahit pas l'action, qui soit compréhensible en un plan, et qui nous permette de structurer le combat et de le faire évoluer. C'est un exercice délicat mais passionnant, qui, je l'espère, nous servira si un jour nous décidons d'utiliser le combat au sein d’une histoire plus complexe.
En espérant que le spectacle vous plaise.